Comment va votre école maison?

Grandes questions à l'approche des rencontres et du festival des projets d'apprentissages qui ne sont pas acceptés! J'ai eu envie de me questionner et partager ça avec vous!

Comment va votre école maison?

École maison : est-ce qu’on est en train de se simplifier la vie ou de se compliquer l’école ?


Est-ce qu'on a limpression qu'on peut encore avoir une idée, partir d’un intérêt, sortir un jeu de société, lire un livre, faire un projet et se dire qu’on va apprendre quelque chose en chemin?

Mais aujourd’hui, entre les plateformes qui promettent de tout regrouper, les programmes qui proposent de suivre un parcours déjà tracé, les exigences de la DEM, les cahiers, les applications, les formations et les mille et une façons de faire l’école à la maison… 

Est-ce normal d'avoir avoir le vertige?

Je crois bien que oui!

On voulait avoir plus de liberté.

Et... 
Est-ce que tu te reconnais dans ce qui suit?
 
Nous voilà parfois avec 14 onglets ouverts, trois listes à vérifier, un abonnement qu’on n’a pas encore utilisé et une petite voix qui demande si on en fait suffisamment...

À quel moment est-ce que notre liberté éducative s’est retrouvée avec autant de modes d’emploi ?

Et la prescription de niveau scolaire: une référence ou une nouvelle obligation ?

La prescription de niveau scolaire peut être utile, je suis d'accord.

Elle donne des repères, permet de situer certaines notions et aide à réfléchir aux apprentissages qu’on souhaite proposer à nos enfants.

La DEM a aussi ses exigences. 

Il faut en tenir compte sinon...

Parfois, comprendre ce qui est demandé et préparer les documents nécessaires se transforme en bien plus...pesant!

Mais entre savoir ce qu’on doit couvrir et devoir tout enseigner d’une façon précise, dans un ordre précis, avec des outils précis, il y a une différence.

Une grosse différence, même !

Un enfant peut développer des compétences en mathématiques en jouant à un jeu, en comparant le prix de sacs de bonbons, en construisant quelque chose ou en préparant une recette.

Il peut travailler son français en lisant un magazine qui l’intéresse, en écrivant une histoire, en expliquant les règles d’un jeu ou en préparant un projet.

Et il peut découvrir des notions de géographie en cherchant où se trouve une ville, en organisant un voyage imaginaire ou en observant les produits qui entrent dans la maison.

Est-ce que cela signifie qu’on n’a plus besoin de repères ? Bien sûr que non.

Cela signifie qu’on peut utiliser les repères sans nécessairement transformer toute notre vie en programme scolaire!

Sauf que parfois, il y a une pression tellement grande à faire plus...

La prescription devrait nous aider à réfléchir. Elle ne devrait pas nous faire oublier de regarder l’enfant qui se trouve devant nous!

Est-ce que c'est moi où ca devient vraiment peu à propos de l'enfant ? 

Il existe aujourd’hui une quantité impressionnante de ressources pour faire l’école à la maison.

Des plateformes tout-en-un, des cahiers par niveau, des cours en ligne, des activités prêtes à imprimer, des applications, des jeux éducatifs et des spécialistes qui deviennent le secret.

C’est formidable d’avoir autant de possibilités mais avouons-le: 

Quand tout le monde nous présente une solution, on finit parfois par se demander si notre solution à nous est vraiment suffisante, non?

On découvre une plateforme qui semble parfaite. 
Puis une autre qui couvre mieux les sciences. Une troisième qui propose un meilleur suivi des mathématiques. 
Et une quatrième qui promet de nous faire gagner du temps.

On commence à vouloir tout essayer pour être certains de ne rien manquer!

Oui. Moi aussi !

Il y a tellement d'opportunités!

Mais j'ai l'impression que plus ça va, à force de chercher la meilleure façon de faire l’école, on finit par ne plus savoir comment faire la nôtre ?

Parce qu’un outil peut être excellent et ne pas convenir à notre enfant.

Une méthode peut fonctionner à merveille dans une famille et devenir une source de conflits dans une autre.

Un cahier peut rassurer un enfant, tandis qu’un projet concret peut lui permettre de mieux comprendre.

Il n’existe pas un seul fonctionnement familial, un seul rythme d’apprentissage ou une seule façon d’avancer!

La meilleure ressource n’est pas nécessairement celle qui contient le plus de choses. C’est celle qui trouve sa place dans notre réalité.

Moi?

Je suis toujours en observation et réflexion!

Est-ce que nos enfants sont heureux ?

Et les vôtres?

C’est une vraie question.

Pas une question piège. 

Pas une façon détournée de dire qu’il faut tout laisser tomber et passer ses journées à jouer.

Une vraie question qu’on peut prendre le temps de se poser.

Est-ce que nos enfants ont du plaisir à apprendre ?

Est-ce qu’ils ont l’occasion de suivre leurs intérêts, de faire des découvertes et de développer leur autonomie ?

Est-ce qu’on arrive à respecter leurs rythmes, leurs besoins et leurs façons différentes d’aborder les choses ?

Et surtout, comment se porte notre relation au milieu de tout ça ?

Parce qu’on peut avoir une belle planification, des cahiers bien remplis et une plateforme qui comptabilise chaque activité… tout en ayant des journées pénibles.

On peut aussi avoir une journée qui semble très peu scolaire sur papier, mais qui a été remplie de discussions, de recherches, de découvertes et de moments partagés.

L’un n’exclut pas l’autre. 

Les cahiers peuvent être utiles.

Les plateformes peuvent simplifier la vie et les projets peuvent être merveilleux!

Mais aucun outil ne devrait nous empêcher de nous demander si notre fonctionnement sert réellement notre famille, non?

On dirait par moment que c'est difficile de réfléchir à ça...

Est-ce plus facile… ou simplement plus ardu d’une autre façon ?

Faire l’école à la maison peut être plus facile sur certains aspects et beaucoup plus exigeant sur d’autres.

On gagne en souplesse, mais on doit prendre des décisions.

On peut adapter les apprentissages, mais cest tellement plaisant d'apprendre à reconnaître les occasions qui se présentent!

On choisit nos ressources, mais il faut aussi résister à la tentation de toutes les utiliser!

On peut respecter les rythmes de chacun, mais quand plusieurs enfants ont des besoins différents, il faut parfois jongler un peu, beaucoup....

Passionnément?

Et quand vient le temps de préparer les documents pour la DEM, on doit pouvoir expliquer ce qui a été fait, ce qui a été appris et comment les apprentissages s'inscrivent dans le parcours de nos enfants.

La liberté est ...ponctuée de surveillance 😉

Elle signifie qu’on dispose d’une certaine marge de manœuvre pour organiser les choses autrement mais ça semble devenir plus...contraignant?

Le défi, c’est de ne pas remplacer un système qui n'était pas adéquat pour ses enfants par un système maison tout aussi restreint...

On voulait sortir du cadre, pas nécessairement en fabriquer un nouveau avec des règles encore plus compliquées !

Avec cette personne-ressource… 

Est-ce qu’on se sent jugé un brin ou ...beaucoup?

Voilà une autre question qui mérite d’être posée.

La relation avec notre personne-ressource peut influencer notre expérience de l’école à la maison.

Se sent-on accompagné ? Écouté ? Compris ?

Peut-on expliquer notre fonctionnement sans avoir l’impression de devoir défendre chacune de nos décisions ?

Peut-on parler d’un projet qui a pris plusieurs semaines, d’un enfant qui avance différemment ou d’une période où les apprentissages ont pris une autre forme, sans craindre que tout cela soit interprété comme un manque de travail ?

Et le réexpliquer 2, 3 ,4 fois par année puisqu'on change régulièrement de pr?

Évidemment, les exigences doivent être respectées et les échanges doivent permettre de clarifier les attentes.

Sauf qu' expliquer son parcours ne devrait pas nous donner l’impression de passer un examen sur nos compétences parentales.

Si c'est le cas, il y a un problème!

Nous avons choisi un chemin différent. 

Cela ne signifie pas que nous avons toutes les réponses, mais cela ne signifie pas non plus que nous devons justifier notre valeur comme parents!

On peut avoir besoin d’aide ou pas sans avoir besoin qu’on nous dicte chaque étape.

On peut avoir besoin de repères ou pas sans avoir besoin qu’on décide de tout à notre place.

Et on peut vouloir faire les choses sérieusement sans vouloir transformer notre quotidien en salle de classe à temps plein!

Ces temps-ci, je me demande:

Est-ce que c’était plus facile… avant ?

Avant toutes ces plateformes ?

Avant toutes ces ressources ?

Avant qu’on puisse comparer notre fonctionnement à celui de centaines d’autres familles en quelques minutes ?

Peut-être que certaines choses étaient plus simples?

Peut-être que nous avions moins de choix, donc moins de décisions à prendre.

Mais il y avait aussi des défis, des questions et des inquiétudes.

Le problème n’est peut-être pas que nous avons trop de ressources?

C’est peut-être que nous finissons par croire que nous devrions toutes les connaître, les comparer et choisir les meilleures!

Comme si, quelque part, une famille qui fait l’école à la maison devait absolument avoir le système parfait.

La plateforme parfaite. 

Le programme parfait. 

Les traces parfaites. 

La planification parfaite.

Et des enfants qui suivent le tout avec enthousiasme, évidemment!

Ça c'est le rêve!

Et si on se donnait le droit de choisir moins, mais de choisir mieux pour nous ?

De garder un cahier parce qu’il nous aide vraiment.

D’utiliser une plateforme sans lui confier toute l’organisation de nos journées.

De partir d’un intérêt et de chercher ensuite les liens avec les apprentissages.

De documenter nos projets et nos activités sans essayer de faire entrer chaque expérience dans une case avant même de l’avoir vécue.

De revoir notre fonctionnement quand il ne convient plus.

Au fond, qu’est-ce qu’on veut préserver?

L’école à la maison n’a pas besoin d’être improvisée au hasard pour être vivante.

Elle n’a pas non plus besoin d’être entièrement planifiée pour être sérieuse.

On peut connaître les exigences, utiliser le PFEQ comme référence, préparer les traces nécessaires et proposer des apprentissages riches tout en laissant une place aux intérêts, aux découvertes et à la vraie vie.

On peut vouloir que nos enfants apprennent sans vouloir que chaque moment devienne une activité pédagogique.

On peut prendre les apprentissages au sérieux sans prendre chaque journée au pied de la lettre.

Et on peut vouloir faire les choses correctement sans perdre de vue pourquoi on a choisi cette voie. ❤️

C’est de savoir ge qui nous permet d’avancer, d’apprendre et de vivre ensemble d’une façon qui a du sens pour notre famille.

Parce qu’au bout du compte, on ne cherche pas seulement à remplir un programme.

On cherche aussi à accompagner des enfants qui grandissent, à nourrir leur curiosité et à préserver une relation qui continuera bien après les apprentissages du secondaire.

Oui. Ça compte !

Allez, on jase ici aussi!

J’aimerais vraiment savoir comment vous vivez tout ça.

Est-ce que les plateformes et les ressources vous simplifient réellement la vie, ou vous donnent-elles parfois l’impression qu’il faudrait en faire encore plus ?

Est-ce que la prescription de niveau scolaire vous aide à vous orienter ou vous met une pression supplémentaire ?

Vous sentez-vous soutenus par votre personne-ressource, ou avez-vous parfois l’impression de devoir justifier votre façon de faire ?

Et la grande question : est-ce que l’école à la maison vous semble plus facile aujourd’hui… ou simplement plus compliquée autrement ?

Pas besoin d’avoir trouvé la méthode parfaite pour répondre.

Ici, on peut parler de la vraie vie, des ajustements, des doutes et des petites victoires.

Parce qu’entre ce qu’on avait imaginé en choisissant l’école à la maison et ce qu’on vit réellement, il y a parfois quelques détours.


Annie ❤️