Mes souhaits pour cette année d'école maison. 

Une nouvelle année c'est la permission d'ajuster notre parcours et les possibilités d'apprentissages qui s'offrent à nous.

Un projet d'apprentissage ne doit pas être une cage mais bien une occasion de laisser de l'espace à la curiosité pour ne pas voir une occasion d’apprendre comme une interruption.

Mes souhaits pour cette année d'école maison. 

Mes souhaits pour cette nouvelle année ❤️

On ne commence pas l’école maison en ayant toutes les réponses malgré ce qu'on peut croire !

À l’approche d’une nouvelle année d’école maison, il est facile de tomber dans le piège de vouloir tout prévoir.

Les apprentissages, les cahiers, les horaires, les objectif, les activités, les matières et les projets.

On cherche parfois à construire une année tellement bien organisée qu’il ne reste plus aucune place à l’imprévu.

Si tu me suis déjà, tu as lu sur l'importance que j'accorde à la nécessité d'observer.

Parce qu’on ne commence pas l’école maison en ayant toutes les réponses.

On commence avec un enfant ou plusieurs devant nous.

Un enfant qui évolue, qui s’intéresse à certaines choses, qui en délaisse d’autres, qui pose des questions, qui revient sans cesse sur un même sujet ou pas, qui apprend d’une façon qui lui appartient.

Et notre rôle n’est pas de tout savoir à l’avance mais aussi de regarder.

Observer, ce n’est pas rester passif.

C’est porter attention, réellement.
 
Non !Ce n'est pas toujours facile!

C’est remarquer qu’un enfant qui refuse une activité de lecture peut passer vingt minutes à essayer de comprendre les règles d’un jeu!

C’est voir qu’un enfant qui semble ne rien vouloir faire peut être profondément concentré lorsqu’il construit quelque chose!

C’est entendre une question lancée en passant et réaliser qu’elle pourrait devenir le point de départ d’une recherche, d’une expérience, d’une lecture, d’un dessin, d’une discussion ou même d’un grand projet!

Observer, c’est parfois découvrir que l’apprentissage était déjà là et qu'il fallait simplement le regarder autrement!

Préserver la curiosité aussi parce qu'elle est fragile.

Elle peut être nourrie par une question, une découverte, une promenade, un livre, un jeu, une conversation ou un intérêt inattendu.

Mais elle peut aussi rapidement devenir une obligation...

Tu aimes les dinosaures? Alors voici dix fiches sur les dinosaures!

Tu poses une question sur les étoiles? Fais une recherche écrite! 

Tu veux construire une cabane? Profitons-en pour faire des mathématiques!

L’intention est excellente. Et c'est certain qu'on veut profiter des intérêts de notre enfant!

Mais parfois, à force de vouloir transformer chaque intérêt en apprentissage, on finit par transformer la curiosité elle-même en travail.

Et si nous pouvions parfois simplement laisser une question être une question?

Imagine laisser un enfant explorer quelque chose sans immédiatement lui demander de produire et laisser une découverte être un moment de découverte!

Laisser un jeu être un jeu.

La curiosité n’a pas toujours besoin d’être rentabilisée!

Je sais. Ce n'est pas évident. 

Mais la curiosité a surtout besoin d’avoir de l’espace pour grandir.

Préserver la curiosité ne signifie pas qu'on doit absolument laisser les apprentissages complètement au hasard!

Nous pouvons proposer, mettre du matériel à disposition, proposer un livre, poser une question, inviter à essayer, faire une sortie et jouer ensemble!

Créer un environnement riche puis observer ce qui se passe.

C’est une différence subtile, mais vraiment intéressante.

On ne cherche pas à conduire notre enfant vers notre réponse mais on peut aussi créer les conditions qui lui permettent de chercher sa réponse, lui-même. 

Et parfois, cette réponse peut nous surprendre !

Et si notre projet était suffisamment souple pour accueillir ce que nous allons découvrir?

Un projet d’école maison est obligatoire et peut être utile pour des repères sauf que trop rigide, ça peut nous empêcher de voir ce qui se passe réellement devant nous.

Imaginez commencer septembre avec une liste très précise de tout ce qui doit être accompli.

Puis votre enfant développe soudainement une fascination pour les chats!

Il veut les observer, les photographier, comprendre leur anatomie, s'informer sur leurs comportements et les dessiner!

Est-ce une distraction par rapport au programme ou est-ce une occasion?

C’est ici que la souplesse devient vraiment intéressante!

En prime, un projet se modifie au besoin et le bilan sert à établir ce qui a été vécu et les réajustements à prévoir s'il y a lieu !

Un projet sur les chats peut toucher la science, la lecture, l’écriture, les mathématiques, les arts, la géographie et même l’éducation physique si l’on part à leur recherche!

Mais surtout, il part de quelque chose qui fait du sens: la curiosité de l’enfant!

On n’a pas besoin de tout savoir. C'est d'ailleurs impossible !

C’est l’un des grands privilèges de l’école maison.

Nous pouvons dire : Je ne sais pas. Cherchons ensemble!

Ça ne diminue pas notre rôle de parent éducateur, au contraire!

Ça permet d'apprendre à savoir comment chercher, à poser des questions efficaces, à observer, à faire des liens, à essayer et se tromper parfois!

Ça démontre comment recommencer, devenir curieux ou le demeurer!

Peut-être qu’en disant je ne sais pas, nous transmettons une compétence beaucoup plus précieuse que la connaissance d’une réponse précise?

Celle de la confiance nécessaire pour aller chercher nos réponses!

Alors, avant de préparer toute votre année, ce serait certainement important de prendre un moment pour observer.

Qu’est-ce qui attire l’attention de votre enfant?

Quelles questions revient-il souvent poser ou se poser?

Qu’est-ce qui le fait parler pendant des heures?

Qu’est-ce qu’il construit?

Qu’est-ce qu’il collectionne?

Qu’est-ce qu’il aime expliquer?

Qu’est-ce qui le fait rire?

Qu’est-ce qui le rend profondément concentré?

Qu’est-ce qui fonctionne déjà dans votre quotidien?

Et : Qu’aimeriez-vous préserver cette année?

Parce qu’avant de chercher quoi ajouter à votre école maison, il peut être intéressant de regarder ce qui mérite d’être protégé.

Le jeu, les discussions, les promenades, les projets spontanés, les intérêts qui changent et les questions sans réponse.

Peut-être que notre plus grand outil ...n’est pas notre planification!

Peut-être que c’est notre regard.

Un regard capable de remarquer les apprentissages là où on ne les attendait pas.

Un regard capable de voir une question comme une porte plutôt qu'une interruption...

Un regard capable de reconnaître qu’un enfant qui explore n’est pas nécessairement en train de perdre son temps!

Je sais. Ce n'est pas évident.

Un regard capable d'accepter de changer de direction lorsque la vie nous montre quelque chose d’intéressant.

Et un regard capable de se rappeler que nous aussi, nous sommes en apprentissage. ❤️

Alors, cette année, peut-être qu'on n'a pas autant besoin de commencer avec toutes les réponses et la peur d'oublier.

On peut commencer par préserver...

Puis, avec quelques outils, cahiers, tables de matières, sites, applications, jeux et livres, quelques idées, des projets et beaucoup de curiosité, on peut planifier !

Un projet pour 5 matières obligatoires qui comporte des moments en cuisine, en sentiers, des projets de construction, des expériences, des maquettes, de la lecture, des échanges.

Lorsque nous développons notre capacité à observer, que nous préservons la curiosité et que nous laissons suffisamment de place à la souplesse, nous ne faisons pas moins l’école!

Nous découvrons davantage de possibilités d’apprendre.

Annie  ❤️