La mémorisation

Souvent on entend quil faut cesser le fun et devenir sérieux pour apprendre convenablement... Et si on changeait notre regard sur la façon de mémoriser les apprentissages ?

La mémorisation

Et si le plaisir aidait vraiment à mémoriser?

On parle beaucoup de mémorisation.

De notions à retenir.
De connaissances à acquérir.
De traces à conserver.
De choses qu’il faudrait pouvoir montrer, classer, répertorier.

Mais on oublie parfois quelque chose de bien simple :

Ce qu'on vit s’inscrit aussi dans notre mémoire.

Pas besoin de faire venir un cirque dans votre cour!
Pas besoin de transformer chaque journée en grand événement pédagogique!

Parfois, il suffit simplement de...changer de regard.

Un moment vécu, c’est aussi un apprentissage.

Un enfant qui construit quelque chose, qui cherche une réponse à une question qui lui trotte dans la tête, qui joue, qui cuisine, qui observe, qui discute, qui se trompe, qui recommence est en train de vivre quelque chose.

Et lorsque cet apprentissage est associé à une émotion, à une curiosité, à un rire, à une surprise, à une découverte ou simplement à un moment partagé avec quelqu’un, il ne reste pas seulement une information abstraite.

Il devient un souvenir ❤️

C'est là que vont habiter les : 

Te souviens quand…?

Et soudain, une conversation revient.

Une information aussi.

Un détail.

Une stratégie.

Une notion.

Parce que le cerveau ne fonctionne pas comme un classeur dans lequel on dépose uniquement les informations accompagnées d'une fiche!

Nous apprenons aussi à travers ce que nous vivons.

Il n’est pas nécessaire de tout transformer en activité extraordinaire!

C'est peut-être là que le changement de regard devient intéressant.

On peut avoir tendance à penser que si on veut que ce soit éducatif, il faut préparer quelque chose...

Et si on essayait plutôt :

Qu’est-ce qui est déjà là? 
Qu'est-ce qui veut y être ? 

Une promenade.

Un jeu de société.

Une recette.

Une discussion dans l’auto.

Un problème à régler.

Un animal qui nous intrigue.

Un film.

Un livre.

Une construction qui ne fonctionne pas.

Une question posée à table.

Une visite.

Un projet qui prend une tournure inattendue.

Tout cela peut devenir un point de départ.

Pas nécessairement une fiche.

Pas nécessairement une activité officielle.

Pas nécessairement quelque chose qu’on avait prévu mardi matin à 9 h 15...

Il faut parfois simplement se donner la permission d’être là.

La permission de profiter du temps que nous avons.

La permission d'essayer.

La permission d’explorer.

La permission de ne pas connaître la réponse immédiatement.

Je sais.

On es habiter par ke ici et maintenant...

Sauf que si c'était plutôt...

La permission de chercher ensemble.

La permission de rire pendant qu’on apprend.

Et surtout, la permission de ne pas être constamment en train de se demander si ça que ça compte? 

Parce que oui.

Ça compte!

Même si tout n’est pas immédiatement répertorié.

Mais… où sont les traces?

Attention!

Je ne suis pas en train de dire qu’il n’y aura aucune trace.

Au contraire.

Quand on commence à regarder les apprentissages autrement, on découvre souvent qu’il y en a beaucoup plus qu’on le croyait.

Une photo d’un projet.

Une recette réalisée.

Une construction.

Un dessin.

Une recherche.

Une conversation notée.

Un livre lu.

Une partie de jeu.

Une vidéo regardée.

Une explication donnée à quelqu’un.

Une création.

Une carte.

Un texte.

Une expérience.

Une question et les réponses trouvées.

Un projet commencé… puis modifié.

Les traces sont là.

Elles ne sont simplement pas toujours attachées à une fiche.

Et c’est parfait!

Parce que s’amuser n’est pas l’opposé d’apprendre!

On entend parfois qu’il faut revenir au travail lorsque le moment devient trop amusant.

Comme si le plaisir nous éloignait des apprentissages.

S'autoriser à avoir du fun n’est pas une perte de temps!

Le plaisir peut donner envie de recommencer.

La curiosité peut donner envie de chercher.

Une réussite peut donner envie d’essayer encore.

Un défi peut donner envie de comprendre.

Et la répétition?

Elle est justement là.

On recommence une partie.

On relit une histoire.

On refait une recette.

On réutilise une stratégie.

On reparle d’un sujet quelques jours plus tard.

On retourne à un jeu.

On reprend un projet.

On explique quelque chose à quelqu’un.

Et sans même avoir annoncé :

Attention, aujourd’hui nous allons faire une période de mémorisation! 

on répète.

Encore.

Et encore d'une autre façon, dun angle différent et les liens se construisent dans notre cerveau!

C’est souvent ainsi que les apprentissages deviennent plus accessibles.

Apprendre pour pouvoir y revenir.

Peut-être que notre objectif ne devrait pas toujours être de faire entrer le plus de connaissances possible dans une journée.

Peut-être peut-on aussi chercher à créer suffisamment de liens pour que l’enfant puisse y revenir.

Parce qu’un souvenir peut devenir un point d’ancrage.

C’était comme dans notre jeu...

Ohh! Ça ressemble à ce qu’on avait vu dans le livre!

Tu te rappelles notre expérience? 

Je me souviens !On avait déjà essayé ça! 

Et voilà qu’une connaissance en rejoint une autre.

Un apprentissage en réveille un autre.

Une expérience devient un repère.

Une répétition devient naturelle.

Et ce qui semblait être simplement un bon moment devient aussi un morceau de leur bagage.

Alors non, vous n’avez pas besoin de faire venir un cirque!

Vous n’avez pas besoin de rendre chaque journée spectaculaire pour créer des apprentissages mémorables!

C'est rassurant ? 

Vous avez peut-être surtout besoin de changer de regard.

De regarder ce qui se passe déjà.

De laisser de la place à la curiosité.

De profiter du temps que vous avez.

D’essayer.

D’explorer.

De recommencer.

De rire.

De jouer.

Et de vous rappeler que la fiche n’est pas le seul endroit où un apprentissage peut exister!

Parfois, l’apprentissage est dans le moment.

Dans le vécu.

Dans la répétition.

Dans la discussion qui revient trois jours plus tard.

Dans le: 
Tu te souviens quand…? 

Et parfois, c’est précisément là que la mémoire commence à faire son travail.

Avoir du fun, ce n’est pas perdre du temps!

C’est aussi donner au cerveau quelque chose auquel se raccrocher.

Et en école maison, on peut choisir de laisser davantage de place à ces moments-là!

Oui. Ça compte!

Annie ❤️