Les cahiers...Peut-être ?

Les demandes de traces écrites, le besoin de repères, les différents rythmes de sommeil et de tâches ça demande des ajustements qui ne font pas toujours l'affaire... Ça amène des discussions en notre demeure...

Les cahiers...Peut-être ?

Et si les cahiers prenaient un peu plus de place?


Oufff!

Moi, les projets, j’aime vraiment ça! 

Vraiment!

Je vois la richesse qu’ils apportent, les possibilités qu’ils ouvrent et tout ce qu’on peut apprendre sans nécessairement avoir l’impression de faire de l’école.

Sauf qu'il y a aussi la vraie vie. 

Et dans la vraie vie, tout le monde n’avance pas au même rythme.

Quand les enfants grandissent, que leurs intérêts se précisent et que leurs façons d’apprendre se différencient, accorder les rythmes devient parfois plus compliqué...

L’un est prêt à avancer. 

L’autre a besoin de plus de temps. 

Un projet qui semblait une belle occasion d’apprendre ensemble devient parfois une longue attente pour celui qui a envie de poursuivre...et la frustration gronde!

À force d’attendre, on peut finir par avoir l’impression de perdre du temps. 

De passer à côté de certaines possibilités. 

De devoir ralentir l’un pour permettre à l’autre de suivre...

Alors, une idée commence à faire son chemin...

Est-ce que j’aime cette idée?

Pas du tout ! Hahaha !

Parce que, dans ma tête, j’aime tellement mieux voir les apprentissages prendre forme autrement. 

J’aime les projets, les discussions qui partent dans toutes les directions, les expériences improvisées et les idées qui se transforment en quelque chose qu’on n’avait pas prévu.

À travers des demandes plus insistantes du ministère, les enfants ont participé à la discussion et aux échanges comme toujours.

Un élément à été soulevé...

Un de mes enfants se lève très tôt et pense que ça pourrait lui convenir d'écrire des textes, de remplir des pages, s'il peut choisir des pages, histoire d'avancer plus rapidement a son rythme.

Je ne l'ai pas vu venir!

Il a toujours détesté ces outils!

Il grandit.

Et si mon enfant avait simplement envie de faire son travail tranquillement de son côté, puis de revenir me raconter et me partager ce qu’il a découvert après?

Et si, pour lui, un cahier était justement un outil agréable pour quelques chapitres ou pour une matière?

Je ne suis pas en train de vous dire que les projets multidisciplinaires vont disparaître!

Ça n'arrivera pas! Hahaha!

Sauf que ça se peut que ma façon préférée d’apprendre laisse un peu de place à d'autres options.

Les cahiers ne sont pas l’ennemi des apprentissages vivants mais je les préfère comme table des matières!

Il faut dire les choses: un cahier peut être un outil intéressant.

Il permet d’avancer de façon autonome, de travailler une notion à son rythme, de revenir sur ce qui est moins bien compris et de constater ses progrès.

Il peut offrir une certaine structure quand le quotidien devient chargé ou que les projets collectifs demandent beaucoup de coordination.

Parce qu'ici, les projets prennent de l'ampleur rapidement!

Alors, sur le coup ça se présentait comme une montagne bien désagréable....

Sauf que parfois, c’est simplement plaisant de savoir quoi faire sans avoir à attendre que tout le monde soit prêt.

Enfin.

Ça semble l'être pour un de mes enfants.

Est-ce que ça signifie qu’on abandonne les projets?

Bien sûr que non! 

Ils apprécient vraiment plus mes idées déjantées!

Est-ce que ça signifie qu’on revient à une organisation rigide où chaque journée doit être complètement cahiers à compléter ?

Jamais 😜 

On peut aimer les projets et apprécier les cahiers. 

On peut apprendre ensemble à certains moments et séparément à d’autres. 

On peut suivre une idée pendant plusieurs jours, puis avoir besoin d’un peu plus de structure pendant un bout.

Les outils ne sont pas des valeurs morales. 

Utiliser un cahier un peu plus ne signifie pas qu’on a renoncé à notre vision de l’école-maison!

Pas plus que changer d'applications de mathématiques ou de cahiers durant l'année pour mieux cibler les besoins.

Ce qui compte, c’est la place que ces outils prennent dans notre quotidien et la façon dont ils répondent aux besoins de notre famille.

Alors, on fait quoi si ça arrive?

On se réinvente!

Pour un moment ou pour longtemps.

On a regardé qui fonctionne encore, ce qui devient compliqué et ce qui pourrait être ajusté.

On a décider d'essayer que certains apprentissages se fassent davantage avec des cahiers pendant quelque temps, tout en gardant les projets qui nous allument.

On peut plonger dans des cahiers et conserver un mois entier pour des projets?

L'idée me plaît!

On peut laisser les enfants avancer individuellement dans certaines matières, puis se retrouver autour d’un jeu, d’une expérience, d’une lecture ou d’un projet qui nous rassemble chaque semaine, chaque mois?

On peut aussi essayer une nouvelle organisation sans avoir besoin de décider aujourd’hui si elle sera encore là dans six mois!

Parce qu’on a le droit d’expérimenter. 

De changer d’idée. 

De revenir en arrière sur certaines choses et d’avancer autrement sur d’autres.

On n’a pas besoin de défendre notre choix d’hier au point de ne plus pouvoir tenir compte de la réalité d’aujourd’hui.

Et surtout, on n’a pas besoin de transformer chaque ajustement en grande remise en question de notre parcours.

Ce n’est pas notre vision qui a changé.
 
Ce sont simplement les besoins de la famille.

Les enfants grandissent. 

Leur autonomie évolue. 

Leurs intérêts se précisent. 

Ce qui fonctionnait à merveille il y a deux ans peut devenir moins pratique aujourd’hui.

Et c’est parfait.

On n'a pas besoin de choisir un seul camp ❤️

Je continue à m'émerveiller et à créer avec mes 345 idées dès mon réveil!

Des projets qui rassemblent, des apprentissages et des liens.

Je suis à l'affût de découvertes inattendues et toutes ces occasions de donner du sens à ce qu'on apprend.

Imaginez! Je vais avoir encore plus de temps pour créer!

Le but, c'est de construire avec eux un quotidien qui nous permet d'apprendre, de grandir et de vivre ensemble sans que chaque différence de rythme devienne une source de frustration.

Si les cahiers peuvent nous aider à réduire la frustration d'adolescence et à ouvrir de nouvelles possibilités, alors pourquoi pas?

Et si la vraie liberté, c'était aussi de pouvoir changer notre façon de faire sans avoir l'impression de trahir celle qu'on avait choisie au départ ?

Alors oui, il y aura peut-être un peu plus de cahiers sur la table et sur mes photos, ce qui va faciliter les traces à remettre peut-être?

Ce n'est pas parce qu'on ouvre un cahier qu'on ferme la porte à tout le reste.

Et on se rappelle que notre objectif n'est pas de prouver qu'on a choisi la meilleure méthode!

C'est de trouver celle qui nous permet, aujourd'hui, de continuer à avancer ensemble… même quand on n'avance pas tous au même rythme.

Parce que, finalement, faire de la place aux apprentissages, c'est faire de la place aux personnes qui apprennent...

Nos enfants❤️


Annie