Tu avais préparé LA meilleure activité… et ton enfant n'a pas du tout envie.
Tu avais trouvé LE livre.
LE jeu.
LA recette.
LE documentaire.
Tu avais même imaginé tout ce que vous pourriez faire autour!
Tu étais si emballée que tu as rassemblé tout ce qui pouvait y être lié!
Tu voyais déjà les discussions, les découvertes, les apprentissages et peut-être même un magnifique projet multidisciplinaire et le fun que vous alliez avoir!
Ah! Oui. Tu voyais le projet...
Puis ton enfant arrive.
Il regarde.
Il fait ce que tu jugerais comme une très maigre tentative.
Et…
Bof.
Pas d’étincelle.
Pas de questions.
Pas d’intérêt qui grandit.
Parfois même: Je veux faire autre chose!
Et là, en école maison, une petite voix peut commencer à nous dire :
Mais voyons… c’était une super idée!
Et le stress se pointe. C'est sur le projet d'apprentissage !
Qu'est-ce qui va arriver au bilan ?!
Bon.
C’était probablement une super idée.
Mais une super idée pour qui?
Une excellente idée peut simplement être une occasion d’essayer...
On peut avoir une idée extraordinaire et constater qu’elle ne convient pas à notre enfant.
Ça ne veut pas dire que l’idée était mauvaise ni que l'enfant est difficile.
Ça ne veut pas dire que notre enfant manque de curiosité.
Ça ne veut pas dire qu’on doit trouver une façon de le convaincre...
Même si on en a envie.
Et surtout, ça ne veut pas dire que l’expérience n’a servi à rien.
Essayer ça compte!
Découvrir que quelque chose ne nous intéresse pas compte.
Constater qu’on préfère observer plutôt que participer compte!
Comprendre qu’on aime le sujet, mais pas la façon dont il est présenté compte.
Et parfois, simplement pouvoir dire :
Ce n’est pas pour moi, c’est une information extrêmement précieuse!
Ne pas aimer, c’est aussi apprendre.
Je sais. Ce n'est pas vraiment ce qu'on a appris ni normalisé.
On parle beaucoup de suivre les intérêts de nos enfants.
Mais suivre un intérêt ne signifie pas nécessairement trouver une activité qui fonctionne à chaque fois.
Parce que parfois, on croit qu’un enfant va aimer quelque chose… Et il n’aime pas ça.
Parfois, on pense qu’un intérêt va grandir…
Et il disparaît.
Parfois, notre enfant va essayer quelque chose trois fois et décide que non, vraiment, ce n’est pas son truc.
Et c’est normal.
Un intérêt n’a pas besoin de devenir une passion pour avoir existé.
Alors, en école maison, on fait quoi?
On peut faire quelque chose qui demande parfois beaucoup plus de souplesse que de simplement poursuivre notre plan :
On peut changer de direction!
On peut transformer l’idée.
Changer la façon de l’explorer.
Raccourcir l’activité.
La rendre plus concrète.
La transformer en jeu.
Changer de médium.
Ou simplement…
la relayer...
Pas la jeter.
Pas déclarer que ça n’a pas fonctionné.
La mettre de côté.
Parce que cette idée pourrait revenir ou pas.
Et les deux scénarios sont parfaitement acceptables!
Relayer une idée, c’est un privilège!
C’est peut-être l’un des grands privilèges de l’école maison ❤️
Nous pouvons nous donner le droit de ne pas terminer.
Nous pouvons nous donner le droit de changer.
Nous pouvons nous donner le droit de dire :
On avait prévu ça.
Mais finalement, on va faire autrement.
C'est ça qui va se passer au bilan.
Sans que tout le temps investi dans la préparation devienne une dette que notre enfant doit nous rembourser en réalisant l’activité jusqu’au bout...
Parce que notre enfant n’a pas à aimer notre idée simplement parce que nous avons travaillé fort pour la préparer.
Je sais. Ce n'est pas évident.
Et nous n’avons pas besoin de considérer notre temps de préparation comme perdu.
Il nous a permis d’essayer.
Il nous a permis d’observer.
Il nous a permis d’apprendre quelque chose.
Et si notre meilleure idée était simplement le point de départ?
C’est ici que le changement de regard devient intéressant.
Notre idée n’a pas nécessairement besoin d’être le projet.
Elle peut simplement être le déclencheur.
On sort un jeu.
L’enfant n’a pas envie d’y jouer.
Mais il remarque quelque chose sur la boîte.
On prépare une recette.
Il ne veut finalement pas cuisiner.
Mais il pose une question sur un ingrédient.
On choisit un livre.
Il n’accroche pas à l’histoire.
Mais une illustration attire son attention.
On commence une activité sur les animaux.
Et finalement, l’enfant veut savoir pourquoi certains animaux vivent à tel endroit.
Le chemin vient de changer.
Et c’est peut-être justement là qu’il devient intéressant.
Nous n’avons pas à rentabiliser chaque idée!
C’est probablement l’une des choses les plus difficiles à accepter lorsqu’on aime créer des activités, préparer des projets et chercher des façons de rendre les apprentissages vivants.
On veut que ça fonctionne.
On veut que ça vaille le temps investi...
On veut voir notre enfant intéressé.
Mais apprendre, ce n’est pas toujours produire le résultat que nous avions imaginé.
Parfois, le résultat est simplement :
Avoir essayé.
Ne pas pas aimé.
Préférer autre chose.
Vouloir essayer autrement.
Et tout ça compte!
Alors la prochaine fois que ton excellente idée ne provoque pas l’effet escompté, peut-être que la question n'est pas:
Comment faire pour que mon enfant aime ça?
Mais plutôt:
Qu’est-ce que cette expérience vient de me montrer?
Puis observer.
Transformer.
Relayer.
Revenir.
Ou laisser complètement tomber!
Parce qu’en école maison, la souplesse ne consiste pas à avoir une infinité d’idées.
Elle consiste aussi à accepter que certaines de nos meilleures idées ne seront pas celles que notre enfant choisira de poursuivre.
Et ça aussi…
Ça fait partie du chemin ❤️