Et si on arrêtait d’attendre les applaudissements?
Il y a quelque chose de particulier dans le parcours de l’école à la maison.
On se lance dans une aventure qui nous demande de revoir nos habitudes, de faire autrement, d’essayer, de nous ajuster et parfois de recommencer.
Et au milieu de tout ça, il y a la DEM.
Les attentes.
Les preuves.
Les regards des autres.
Les questions.
Cette impression qui n'en n'est pas une qu’il faut toujours démontrer que ce que l’on fait est suffisant, que nos choix sont bons et que notre parcours mérite d’être reconnu.
On finit parfois par attendre les applaudissements.
Ceux de la DEM.
Ceux de notre entourage.
Ceux des gens qui comprennent notre réalité.
Ceux qui ne comprennent pas étrangement...
Ceux qui nous disent qu’on fait du bon travail, qu’on est sur la bonne voie, qu’on peut être fiers de nous.
Mais à force d’attendre que quelqu’un nous confirme que nous faisons bien les choses, est-ce qu’on ne risque pas d’oublier de regarder tout ce que nous sommes déjà en train de vivre?
J'ai envie de vous dire:
Soyez fiers d’essayer.
Vous n’avez pas à tout réussir.
Vous avez signé pour essayer.
Essayer un nouveau chemin.
Une nouvelle façon de faire.
Une autre manière d’apprendre, de grandir et de vivre ensemble.
Pour un bout de chemin ou pour longtemps.
Vous avez le droit d’explorer.
De changer d’idée.
De faire des détours.
De découvrir que certaines choses fonctionnent merveilleusement bien, alors que d’autres demandent des ajustements.
Vous avez le droit de ne pas avoir toutes les réponses.
Parce qu’au fond, vous n’avez pas commencé cette aventure pour devenir parfaits.
Vous l’avez commencée pour offrir quelque chose de différent à votre famille.
Et cette différence ne se mesure pas uniquement à ce qui se voit sur papier.
Elle se trouve aussi dans les conversations qui s’étirent, les projets qui prennent forme, les découvertes inattendues, les fous rires, les défis relevés ensemble et toutes ces petites choses qui finissent par devenir de grands souvenirs.
Réfléchissons...
Et si les applaudissements devenaient plus importants que notre parcours?
C’est une question qui mérite qu’on s’arrête un instant, non?
Si on aime tellement recevoir l’approbation des autres qu’on finit par organiser notre quotidien autour de ce qu’ils veulent voir, qu’est-ce qu’il reste de notre propre aventure?
Si on attend toujours la prochaine validation, la prochaine preuve, le prochain signe que nous sommes à la hauteur, à quel moment prend-on le temps de savourer ce que nous construisons?
À la fin de la journée, la satisfaction devrait pouvoir venir de nous.
De notre famille.
De nos enfants.
De ce qu’on a partagé.
De ce qu’on a découvert.
De ce qu’on a tenté, même lorsque le résultat n’était pas celui qu’on espérait!
Peut-être, surtout lorsque ce n'est pas comme on l'avait espéré!
Bien sûr, c’est agréable d’être encouragé.
Ça fait du bien de se sentir compris et reconnu.
On ne va pas se mentir!
Parfois, un petit...
Tu fais du bon travail arrive exactement au bon moment.
Mais on ne peut pas toujours attendre que quelqu’un d’autre nous donne la permission d’être fiers.
Ce n'est d'ailleurs pas ce qu'on cherche à transmettre à nos enfants, non?
Notre parcours nous appartient aussi.
Un jour, les enfants seront grands.
Un jour, la DEM fera partie des souvenirs de notre parcours.
Les attentes des autres aussi.
Oui!
Une fois les jeunes devenus adultes en notre demeure , ce ne sera plus tant un enjeu de débat ou du moins, beaucoup moins!
Imaginez!
Les commentaires, les inquiétudes, les comparaisons et toutes ces choses qui ont parfois pris tellement de place dans notre quotidien finiront par s’éloigner....
Les enfants grandiront.
Ils auront leurs propres projets, leurs propres idées et leur propre façon de voir le monde.
Et nous, qu’est-ce qu’on voudra retenir?
Les documents qu’on a remplis à temps?
Les preuves qu’on a soigneusement classées?
Les efforts déployés pour répondre à toutes les attentes?
Ou les moments où nous avons été heureux d’être ensemble?
Les projets qu’on a osé essayer.
Les journées où on a appris autrement.
Les discussions qui nous ont rapprochés.
Les défis qui nous ont permis de mieux nous connaître.
Les moments où nous nous sommes donné une chance de plus.
Je ne dis pas que les obligations ne comptent pas.
Elles font partie de notre réalité et nous devons composer avec elles.
Mais elles n’ont pas besoin de devenir le cœur de notre histoire.
La DEM fait partie du parcours.
Elle n’est pas le parcours!
Et si on arrêtait d’attendre qu’ils soient plus grands pour faire les choses qui nous tentent?
D’attendre que la DEM soit terminée pour respirer enfin?
D’attendre que tout soit réglé, organisé, approuvé et conforme avant de s’autoriser à vivre un peu?
Parce qu’après la DEM, après l'opinion de l'autre, il y aura encore nous.
Comme des retrouvailles avec notre propre famille.
Comme si, après avoir consacré tant d’énergie à démontrer notre parcours, on pouvait enfin se retourner vers ce qu’on a construit ensemble?
Je n'ai pas eu envie d'attendre!
Je mets en place dès maintenant des espaces pour vivre cette aventure autrement!
Un jeu de société autour de la table.
Une recherche qui part d’une question spontanée.
Un projet qui prend une direction inattendue.
Une recette qu’on tente ensemble.
Une promenade qui devient une occasion d’apprendre.
Une idée un peu folle qu’on décide d’explorer, juste pour voir où elle nous mène!
Tout n’a pas besoin de devenir un grand projet.
Tout n’a pas besoin d’être planifié.
Tout n’a pas besoin d’être transformé en document.
Parfois, souvent, le moment lui-même est déjà précieux ❤️
Et souvent, ce qu’on apprend ensemble dépasse largement ce qu’on avait prévu!
Les traces que je veux garder sont celles qui misent sur le bonheur qui restera, pas sur l’attente que tout soit terminé.
Je veux pouvoir regarder derrière moi et reconnaître les efforts, les essais, les envies, les découvertes et les occasions qu’on s’est données.
Je veux me souvenir de ce qu’on a osé faire, même sans savoir exactement où cela nous mènerait.
Les traces que je veux retenir ne sont pas mes preuves DEM!
Ce sont mes preuves famille.
Les efforts qu’on a faits ensemble.
Les essais qu’on a multipliés.
Les envies qu’on a décidé de suivre.
Les projets qui nous ont rapprochés, qui nous ont permis de grandir.
Les moments où nous avons choisi de continuer, autrement, à notre façon.
Et surtout, les souvenirs qui resteront bien après que les documents auront été rangés.
Parce que oui, nous avons des obligations.
Oui, nous devons faire des choix et trouver notre équilibre.
Oui, il y a des journées plus difficiles que d’autres.
Mais il y a aussi cette chance.
Cette chance de partager un bout de chemin avec nos enfants, de les voir grandir et de grandir nous-mêmes à leurs côtés.
Cette chance de leur montrer qu’on peut essayer sans tout maîtriser, apprendre sans toujours suivre le chemin prévu et recommencer sans avoir à se justifier constamment.
Cette chance de vivre quelque chose qui nous ressemble, pour vrai!
Alors, aujourd’hui, je nous souhaite de lever un peu les yeux des attentes.
De respirer.
De regarder nos enfants.
De regarder le chemin parcouru.
Et d’être fiers.
Pas parce que tout est parfait.
Pas parce que tout le monde applaudit.
Pas parce que nous avons enfin réussi à répondre à toutes les attentes.
Mais parce que nous sommes là, en train d’essayer.
En train de construire quelque chose ensemble.
Et parce qu’au bout du compte, quand les applaudissements attendus ne seront pas venus ou se seront tus et que les obligations auront laissé leur place aux souvenirs...
Il restera l’essentiel.
Notre famille.
Nos enfants.
Nous.
Annie ❤️